Avec les minous Leçons sensuelles

Petite femme, tu as le droit de te toucher : la curiosité est une belle qualité

Effet confinement, je suis devant un film que je regarde pour la millième fois. Alors que la trame se déroule à l’écran, l’ange des souvenirs me ramène à ma puberté. Cette époque censée être celle de la découverte de soi. Combien de petites femmes ont grandi avec la frustration de ne pas avoir droit de se découvrir, de s’explorer, de se connaître ? On cuisine pour soi, on se coiffe et se maquille soi-même (c’est top !). On prend soin de soi (c’est géant !) et dès qu’on se caresse la chatte soi-même pour son propre plaisir ça part en sucette. Non mais allô !

Sacrés veinards ces petits hommes !

Les petits hommes eux sont de sacrés chanceux ! Ils avaient le droit de toucher leurs pénis qui poussaient. Ils avaient le droit d’en prendre la mesure, de les comparer et même d’en parler ! Un petit homme à l’âge de la puberté qui se masturbe – bah c’est de la curiosité et c’est bon pour lui. Il découvre son corps et expérimente le plaisir sexuel, c’est une vrai GARÇON. Oh la chance !

Aux petites femmes, rien – nothing – nada ! Son vagin, elle ne doit pas le toucher. Ses règles, moins elle en sait, mieux c’est. « Tu es femme maintenant, si un homme te touche, tu vas tomber enceinte » ; c’est ce qu’on m’a servi. Pourquoi avais-je des envies inhabituelles avant ou pendant mes règles ? Pourquoi je ne pouvais pas comparer mes grandes lèvres à celles de ma copine ou de ma sœur ? Pourquoi je ne pouvais pas parler de ce bouton tout en haut de mon vagin ? J’entendais plus aisément « kiki » que « toto ».

Quand il n’y a que les hommes qui parlent librement de ce qu’ils ont et que ni maman, tantie, grande-sœur ne parlent pas de leur vagin, tu fais vite de ravaler ta frustration et refouler tes envies. Bon, en espérant qu’elles partent effectivement !

Et un jour mon doigt se glisse dans ma culotte…

La curiosité est une belle qualité, amen ! Seins qui commencent à pousser à 9 ans et les règles qui apparaissent vers 11 ans, le petit corps de la petite femme que j’étais commençait à ressentir des choses, une sorte d’appel au plaisir. L’énergie sexuelle ?

Un jour, en prenant ma douche, j’ai décroché le pommeau de douche. Je me suis accroupi, cuisses écartées et le jet d’eau sur mon clitoris avait un effet waouh ! Je ne savais pas encore ce que c’était cette sensation. Mais c’était quelque chose de bon, d’excitant, de jouissif !

J’aimais (j’aime toujours) particulièrement ce moment avec ma chatte et le pommeau de douche. Le plaisir et tout !

Et puis, il y avait aussi ces moments de retrouvailles entre mon clitoris et mes petits doigts sous un drap. Je touchais mon vagin, je scrutais, j’explorais, je savourais les yeux fermés ! Grandes lèvres, petites lèvres, clitoris, la surface de mon minou. J’avais peur d’abîmer mon vagin, donc, pas d’exploration profonde.

Pourquoi le vagin de la femme est si méconnu ? Parce qu’on n’en parle pas assez. Ma question, l’intime doit-il être toujours caché ? Avant de répondre, pensez à votre amie intime que vous êtes fière de plébisciter… Répondez maintenant !

Pour le dessin, voici le schéma : j’étais une fillette qui se masturbait, je suis une femme qui se masturbe et qui jouit seule – quand j’en ai envie.

Prendre son pied seule n’est pas un crime…

Voici ce que je pense de ce mystère et ces tabous autour du sexe de la femme, de notre désir et de notre plaisir. La société qui positionne la femme comme une éternelle assistée, faible et incapable de s’assumer veut aussi que du point de vu de la sexualité, il en soit de même !

La sexualité d’une femme doit dépendre de la libido d’un homme et là encore, elle ne doit pas chercher de plaisir parce que pour elle le schéma classique est : baiser – féconder – procréer et puis basta ! On diabolise le corps de la femme. Son vagin qui vomit le sang est impur, sale, dégoûtant. Son clitoris est une impureté qu’on doit lui enlever pour ne pas qu’elle finisse dévergondée. Son vagin, c’est pour la bite de l’homme et la tête de ses enfants qui vont en sortir. Quel plaisir ? Quel envie ? Elle ne doit pas en chercher. Une bonne femme se contente de faire plaisir à l’homme qui la choisit et à être pudique. Mon cul va !

A part les viols, la plupart des premières expériences sexuelles des adolescentes sont le produit de la curiosité. Puisque la petite femme ne peut pas découvrir son corps par elle-même, elle se fait aider par un partenaire sexuel. Et le résultat n’est pas toujours ce qu’on espère.

Mon expérience est particulière. A 11 ans, je m’accordais des moments avec ma chatte et je prenais plaisir à découvrir ce plaisir. Je n’ai pas suivi le mouvement de curiosité des adolescents quand je traversais cette période. Pourquoi confier mon corps à un novice comme moi si je pouvais me permettre cet exercice et surtout le faire à mon rythme ? Sans pression quoi !

Et l’orgasme ? Ah tiens ! J’ai connu ça à l’adolescence, sans pénis, sans pénétration et avec l’hymen intact. J’ai autorisé une bite à entrer en moi quand j’étais prête à accueillir un corps étranger.

Si je peux me permettre, si vous voulez que vos filles, petites sœurs, filleules, aient leurs premières expériences sexuelles en toute conscience, laissez-les se connaître, se découvrir, s’explorer.

PS : Les experts disent que, trop pratiquer le sexe en solo joue sur la vie du couple. On s’isole parce qu’on se suffit. Mais bon, avec cette histoire de pandémie du #Covid19, l’isolement n’est pas tellement une mauvaise chose hein!

REGARDONS LA MASTURBATION D’UN AUTRE ŒIL…

4 commentaires

  1. Jocelyne Kouassi Aya a dit :

    Bonsoir j’aime bien vos publications. Ça m’aide à pensé autrement. Mais les mettent en pratique est encore plus difficiles. Que faire ?

    1. Bonjour Jocelyne, pouvez-vous m’envoyer un message sur instagram ou facebook.
      Mon compte : Emilie Tapé. Nous pourrons parler tranquillement. Bisou

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